Prise en charge médicale

La prise en charge médicale consiste à traiter l’infection avec des antibiotiques, souvent administrés par voie intraveineuse initialement.



Cette étape fait généralement immédiatement suite à un geste chirurgical, qui permet d’enlever si besoin un matériel orthopédique infecté et permet également de faire des prélèvements au niveau osseux et/ou articulaire pour identifier la bactérie responsable de l’infection.

Il est donc généralement administré au patient une antibiothérapie intraveineuse dite probabiliste, à large spectre, c’est-à-dire couvrant généralement la plupart des bactéries responsables d’IOA. Ces antibiotiques sont administrés généralement sur un Piccline (pour « peripheral inserted central catheter ») qui est posé en pré-opératoire ou en post-opératoire immédiat sous échographie au niveau d’un bras (le radiologue pique une veine de bon diamètre pour insérer le cathéter) (figure 1). Il n’y a pas de complication particulière décrite à la pose (la survenue d’un hématome est rare, la pose de Piccline étant autorisée chez les patients prenant un traitement anti-coagulant efficace). Ce système est moins invasif que la pose de voies veineuses centrales classiques, et facilite l’administration des antibiotiques qui ne peuvent pas être administrés durablement sur petite voie veineuse périphérique. Il nécessite une réfection du pansement régulière, et doit être visible sous un pansement occlusif.

Patient avec un piccline inséré au niveau du bras gauche

Figure 1. Patient avec un piccline inséré au niveau du bras droit

Figure 2. Diffuseur permettant l’administration continue d’antibiotique en intraveineux sur un piccline.

Figure 2. Diffuseur permettant l’administration continue d’antibiotique en intraveineux sur un piccline.

Au bout de 15 jours - 3 semaines après la chirurgie, un HDJ est généralement organisé pour adapter le traitement antibiotique aux résultats des cultures bactériennes. Le Piccline est alors conservé s’il faut poursuivre un des deux ou les deux antibiotiques intraveineux, ou enlevé si l’infection peut être traitée uniquement par un ou plusieurs antibiotiques par voie orale.
Si le Piccline est conservé de manière prolongée, ce dernier peut se boucher ou s’infecter, certains patients peuvent développer une allergie au pansement, et nous pouvons être amené à le changer.
Grace au piccline, au domicile, il est souvent possible d’administrer les antibiotiques par voie intraveineuse par des perfusions discontinues (perfusions de 30 min à 4h, plusieurs fois par jour) ou par une perfusion continue (24h/24), grâce à l’utilisation de diffuseurs jetables. Les diffuseurs sont des petits contenants en plastique qui sont rechargés en antibiotique 1 ou 2 fois/j et qui peuvent se porter facilement à la ceinture (figure 2)

En l’absence de Piccline, certains antibiotiques peuvent s’administrer par voie sous-cutanée.
L’administration sous-cutanée permet d’avoir une équivalence de traitement intraveineux, sans utiliser de cathéter. L’antibiotique est alors administré sous la peau de la cuisse ou de l’abdomen, 1 à 2 x/j, en utilisant des très petites aiguilles, laissées en place juste le temps de la perfusion, c’est-à-dire 30 à 45 minutes (figure 3).
L’antibiotique, dilué généralement dans un flacon de 50 mL, diffuse simplement par gravité. A la fin de la perfusion, une petite tuméfaction est visible, puis l’antibiotique diffuse dans l’organisme d’une manière quasi équivalente à une administration intraveineuse.

Figure 2. Patient recevant une antibiothérapie sous-cutanée

Figure 3. Patient recevant une antibiothérapie sous-cutanée

La durée totale de l’antibiothérapie est généralement de 3 mois. Elle peut être plus courte (6 semaines), ou peut atteindre 6 mois, voire être plus prolongée de manière exceptionnelle. Cette durée est définie par un certains nombres de critères, notamment par le type d’infection (sur implant ou non), par le ou les germes en cause, et par le traitement chirurgical qui a été réalise. Au cours d’une antibiothérapie, 15% de nos patients développent un effet indésirable « grave », pouvant nécessiter un arrêt ou une modification du traitement utilisé. Ces effets indésirables peuvent être la survenue d’une allergie avec apparition d’un érythème, ou peuvent se manifester par une toxicité (toujours réversible) au niveau du rein ou du foie, détectable par des prises de sang régulières. Au cours du traitement antibiotique, le patient est régulièrement suivi par un Infectiologue, qui sera réactif en cas de survenue d’effet indésirable pour examiner le patient et statuer sur l’arrêt ou la modification du traitement antibiotique.



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